Associalibre & Educalibre 2016 : des outils libres pour les EPN

Pour la deuxième fois consécutive, Abelli, l'Association Belge de promotion du Logiciel Libre, organise le 28 octobre prochain une journée de conférences et d'atelier à destination des associations. Elle aura lieu à l'espace Coop d'Anderlecht et proposera une déclinaison particulière à l'intention des enseignants, formateurs et animateurs.

Degooglisons Internet Saison 3

L'un des points d'orgue d'Associalibre-Educalibre sera la conférence de Pierre-Yves Gosset, Délégué Général de  Framasoft. En 2004, ce réseau d'éducation populaire français a lancé la campagne «Degooglisons Internet ». Avec une feuille de route de 3 ans, Framasoft a entrepris de développer toute une série de services libres et éthiques (stockage, cloud, hébergement de fichiers, tube vidéo, listes de diffusion, micro bloggins et blogs) en alternative aux services propriétaires de ceux que l'on appelle parfois les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft).

5 nouveaux services

Pour l'instant, une trentaine de services sont disponibles. A côté de Framadate (alternative à Doodle), Framapad (au lieu de Google Google Docs) et Framasphere (le Facebook sans publicité ni intrusion dans la vie privée) qui sont “opérationnels”, Framasoft planche sur des alternatives à Google Search (Framasearch), YouTube (Framatube) ou encore Gmail (Framamail).  Début octobre, Framasoft a entamé sa 3ème (et dernière) année en fanfare avec 5 nouveaux services disponibles. On pourra ainsi découvrir Framalistes pour la création et la gestion de listes de diffusions, en lieu et place de de Google Groups. Framanotes est l'alternative d'Evernote et Framaforms de Google Forms.  Pierre-Yves Gosset: «Nous lançons également Framatalk pour que le verbe «Skaïper» ne soit plus qu'un mauvais souvenir et Framagenda pour mettre fin à l'espionnage des Google/Apple/Microsfot agenda.»

Un environnement de travail sécurisé et confidentiel sur clé USB
A côté de classiques comme la suite bureautique LibreOffice ou Claroline, on pourra découvrir une clé sécurisée, Freeduc-USB, qui permet de transporter son environnement de travail. Georges Khaznadar, professeur de physique au lycée Jean-Bart à Dunkerque: «Il suffit de l'insérer dans tout type d'ordinateur, y compris une machine Apple pour retrouver son environnement logiciel et ses données personnelles sous environnement libre. Travaillez, enregistrez, puis repartez. Il ne reste pas de trace sur l’ordinateur, tout est dans votre poche! Cette clé vive, basée sur le système Knoppix et la distribution Debian gnu-linux, est disponible avec différents logiciels embarqués  : Auto-QCM pour la création de questionnaires à choix multiples, LaTex pour la gestion de textes scientifiques, Knowims, un serveur d'exercices en langue et disciplines scientifiques ou encore. Last but not least : en configuration kiosque multimédia, votre ordinateur projecteur se transforme en borne de consultation interactive.»

Transformer son ordinateur-projecteur en tableau blanc interactif
L'atelier VMarker devrait retenir l'attention de nombre d'EPN et d'écoles n'ayant pas les budgets suffisants pour les tableaux numériques «classiques». Il propose en effet aux participants de découvrir comment transformer son ordinateur-projecteur en Tableau Blanc Numérique Interactif tout simplement grâce à un petit boîtier économique et à OpenBoard, un logiciel d'assemblage de contenus didactiques. Avec un stylet, il est possible d'interagir avec les différents logiciels sur le tableau, sans utiliser d'encre!

Sortir du GAFAM

Pourquoi une déclinaison à destination des enseignants et des animateurs ? Marc Van Craesbeeck, administrateur Abelli : «À notre avis, mettre le monde de l'enseignement, de la formation et de l'animation uniquement entre les mains des géants du GAFAM serait une erreur consternante. Nous souhaitons faire savoir qu'il existe des alternatives libres et sécurisées existantes.  Nous espérons cultiver ainsi une sensibilisation à la décentralisation de nos données privées afin d'induire une meilleure prise en main de notre responsabilité numérique collective.»